Le quartier en un coup d'oeil
Le quartier en un coup d'oeil
Le quartier Pointe-Saint-Charles est situé à Montréal. Localisé au sud du canal Lachine et à proximité du fleuve St-Laurent, enclavé de part et d'autre par des infrastructures de transport, Pointe-Saint-Charles a un air de petit village urbain situé à proximité du centre-ville. Avec les quartiers Petite-Bourgogne, Saint-Henri, Ville-Émard et Côte-Saint-Paul, il fait parti de l'entité administrative de l'arrondissement Sud-Ouest.
Sa population
Le quartier se caractérise par une population d’origine canadienne-française, irlandaise et britannique. Vers les années 1930, des immigrants de l'Europe de l'Est (polonais et ukrainiens principalement) s'installent dans le quartier. Depuis environ une dizaine d’années, le quartier accueille de nouveaux immigrants qui proviennent principalement du sud-est asiatique, de l’Afrique centrale et de l’Amérique latine.- Pointe-Saint-Charles compte 13 929 habitants
- 58% de la population utilisent le français comme langue le plus souvent parlée à la maison, 29% utilisent l’anglais tandis que 9% utilisent une autre langue (allophone).
- La population immigrante représente 20% de la population.
Un ancien quartier ouvrier
Berceau de l'industrialisation canadienne, Pointe-Saint-Charles a longtemps été le lieu d’une intense activité économique avant de décliner graduellement avec la fermeture du Canal de Lachine et de ses nombreuses usines.

Encore aujourd’hui, Pointe-Saint-Charles porte le tribut de ces années difficiles marquées par la désinsdustrialisation et les pertes d'emploi. La pauvreté, qui continue d'exister dans un pays riche comme le Canada, touche encore un trop grand nombre de familles. Les statistiques le démontrent et les groupes communautaires le constatent tous les jours.
- 50 % de la population vit sous le seuil de faible revenu (29% à Montréal).
- 50 % des familles avec enfants sont monoparentales (33 % à Montréal).
- 15 % de la population est au chômage (9% à Montréal).
- 35 % de la population vit de l’assistance-emploi (13% à Montréal).
- 43 % de la population de 20 ans et plus n’a pas de diplôme d’études secondaires (27%).
- 57 % de la population a déménagé au cours des 5 dernières années (48% à Montréal).
- 76 % des ménages sont locataires (64,2% à Montréal).
- 43 % de la population de 65 ans et plus vit seul (36% à Montréal).
- Le revenu moyen est de 19 614$ (28 858$ à Montréal).
Un quartier d’entraide et de solidarité
La Pointe, c’est aussi une vigoureuse tradition d’entraide et de solidarité, un milieu communautaire bouillonnant et des organisations citoyennes pionnières qui ont servi de modèles ailleurs au Québec. Les nombreuses ressources communautaires sont là pour en témoigner !
Ce qui fait aussi la particularité du quartier, c’est le nombre de logements sociaux et communautaires qui y furent construits depuis 30 ans :

- 1 183 unités d’habitation (coopératives et/ou organismes à but non lucratif) autogérées par les citoyens du quartier;
- Plus de 835 unités d’habitations à loyer modique (HLM) gérées par la Ville de Montréal.
Un quartier à la croisée des chemins
De par sa localisation stratégique et son riche patrimoine qui témoigne de son passé industriel, le quartier est de plus en plus convoité et subit la pression du centre-ville que l’on cherche à étendre. De plus, comme le quartier possède de grands terrains et des bâtiments sous-utilisés ou inoccupés, la spéculation y est très forte. Conséquemment, la communauté est confrontée à un défi majeur: le maintien des résidants dans leur quartier et l'amélioration de leurs conditions de vie.
Le contexte de transformation rapide auquel fait face la Pointe force les groupes et les citoyens à réfléchir à l'avenir qu'ils entendent donner à leur quartier et à prendre position sur le type de développement qu'ils y souhaitent. La récente lutte contre le déménagement du Casino a démontré la capacité de mobilisation du milieu communautaire et des citoyens du quartier pour s’opposer à un projet non-structurant pour Pointe-Saint-Charles. Actuellement, de nombreux projets d'aménagement et de développement (Nordelec, Griffintown, Havre de Montréal, Terrains du CN) interpellent particulièrement les groupes communautaires et la population du quartier. On s’interroge sur la vocation à donner à ces sites témoins du passé industriel de la Pointe et sur la façon de les développer en respectant les besoins et intérêts de la population du quartier.