La Pointe en histoire

Pour en savoir plus sur l’histoire du quartier, consultez le site web de la Société d'histoire de Pointe-Saint-Charles.

Avant l’arrivée des premiers colons, le territoire de la Pointe-Saint-Charles était occupé par les Amérindiens, Mohawks pour la plupart, qui s’en servaient pour la chasse à l’oie et la pêche. Ce lieu bordant les rives du fleuve Saint-Laurent fut d’abord surnommé Village-aux-Oies. Il prend le nom de Pointe-à-Charles, puis Pointe-Saint-Charles quand le sieur Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal, donne en 1654 une concession de 90 arpents à Charles Lemoyne, militaire et interprète auprès des Amérindiens.

En 1662, Maisonneuve concède une autre partie des terres à Marguerite Bourgeoys qui y bâtit une exploitation agricole qu’on nomme la ferme Saint-Gabriel. En 1666, elle ouvre l’école de la Providence, première école ménagère au Canada pour accueillir des filles du roy de 1663 à 1668. En 1698, elle y fait construire la Maison Saint-Gabriel, l’un des seuls témoins architecturaux de l’époque encore existant.

Du paisible faubourg agricole au quartier industriel

Jusqu’au début du 19ième siècle, Pointe-Saint-Charles est un paisible faubourg agricole faiblement peuplé. Une situation qui change rapidement à partir de 1820, date à laquelle on entame la construction du canal de Lachine, un axe de navigation essentiel pour contourner les rapides du fleuve Saint-Laurent qui limitent le transport marchand.

La population augmente et les activités agricoles laissent rapidement la place à l’industrialisation et à l’urbanisation. L’ouverture du canal de Lachine en 1825 inaugure une faste période économique au cours de laquelle Pointe-Saint-Charles deviendra le berceau industriel du pays.

Au début des années 1850, le quartier est en pleine ébullition. Manufactures et industries s’installent par dizaine sur les rives du canal, véritable épine dorsale de l’Île de Montréal. Les ouvriers arrivent en masse pour travailler aux chantiers du canal ou du pont Victoria. Le pont Victoria est inauguré en 1860. Il ouvre une voie directe au commerce avec le nord des États-Unis. Il était alors considéré comme la 8ième merveille du monde.

En 1856, la compagnie Grand Trunk Railway ouvre ses ateliers de construction de locomotives au sud du quartier. Au plus fort des activités, la compagnie emploiera jusqu’à 2000 travailleurs, dont une proportion importante d’Irlandais, d’Écossais et d’Anglais venus au pays pour fuir la famine qui sévit alors dans les Îles britanniques.

La cohabitation entre francophones et anglophones ne se fait pas sans heurts, mais le meilleur exemple de bon voisinage des deux communautés reste la construction inusitée côte à côte des églises Saint-Gabriel (catholique, en 1891) et Saint-Charles (protestante, en 1899).

L’activité économique intense forge peu à peu l’identité du quartier notamment à travers les luttes ouvrières et syndicales, fort nombreuses à l’époque. Entre 1871 et 1903, trente grèves sont recensées. Prémisses d’une longue tradition de solidarité qui caractérise aujourd’hui Pointe-Saint-Charles. Au début du 20ième siècle, Pointe-Saint-Charles compte environ 30 000 habitants et forme un véritable petit village. Nul besoin de sortir du quartier car tous les services y sont offerts, de la boucherie à la tannerie, en passant par la cordonnerie et l’épicerie.

Des lendemains difficiles

Après la Première guerre mondiale, alors que la population du quartier est à son apogée, l'activité industrielle du quartier commence à stagner. La Grand Crise de 1929 sonne le glas de plusieurs industries et manufactures qui ferment les unes après les autres.

Commence alors un long processus de dévitalisation marqué par des milliers de pertes d'emplois, la dégradation des conditions de vie et l'exode de nombreux résidants vers d'autres quartiers. L'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959 scelle définitivement le sort de la Pointe en entraînant la fermeture partielle du Canal de Lachine en 1960.

Les navires marchands délaissent cet axe de navigation qui fut jadis le berceau de l’économie nationale et le témoin de l’évolution du transport maritime. Le canal est définitivement fermé en 1970 et en une quinzaine d'années, les dernières entreprises ferment leurs portes et mettent à pied leurs employés. C'est un coup très dur pour de nombreuses familles ouvrières qui définissent leur identité par le travail et qui ne bénéficient que de très peu d’aide gouvernementale.La saignée économique et démographique ne se limite pas à Pointe Saint-Charles. Tous les quartiers du Sud-Ouest sont affectés. De 1967 à 1988, le Sud-Ouest perd 20 000 emplois industriels et la population passe de 100 000 résidants en 1950 à 69 000 en 1988.

Une r-évolution communautaire

Au tournant des années 1960, d’importants changements s’opèrent dans le quartier. D’abord socialement, les premiers comités de citoyens voient le jour pour tenter de freiner la dégradation des conditions de vie dans le quartier. Du même coup, ils jettent les bases de ce qui deviendra une solide structure sociale et communautaire. Puis rapidement, ils instaurent des services alternatifs de santé, de justice, d’éducation populaire et de logement.

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